ACV RE2020 : une seule liste dit quel logiciel est approuvé
Nooco, racheté à VINCI Energies, figure sur la liste officielle des logiciels RE2020 en partie environnement. Sur deepki.com, le sujet est relégué derrière une entrée de menu, au profit d’un discours ESG et patrimonial. La bonne porte d’entrée reste la liste du ministère, pas la communication de l’éditeur.
Par Steve Deguilly · Mis à jour le
Si vous cherchez un outil d’ACV réglementaire, vous ne tomberez pas sur Deepki. Le site parle de trajectoires CRREM, de reporting CSRD, de risque d’actif échoué, de valorisation de portefeuille : le vocabulaire d’une foncière, pas celui d’un bureau d’études. Pourtant, Deepki détient Nooco, un logiciel d’ACV réglementaire RE2020, et son site n’en parle presque pas. Racheté à VINCI Energies, Nooco figure nommément sur la liste officielle des logiciels utilisables pour un usage réglementaire RE2020, partie environnement, au même titre transitoire que les autres outils de cette section.
Deux acteurs du même marché, dont un qui se tait
Sur cette liste cohabitent Nooco et Vizcab Eval, deux outils qui adressent le même besoin : produire une ACV réglementaire exploitable pour un dépôt. L’un en fait le cœur de sa communication, l’autre appartient à un groupe qui parle d’autre chose. Ce n’est pas une dissimulation, c’est un arbitrage de positionnement : Deepki vend à des directions financières et à des asset managers, pour qui le mot RE2020 n’évoque rien, quand Nooco parle à des équipes de conception, pour qui c’est le sujet central. Faire cohabiter les deux discours sur une même page d’accueil les dilue tous les deux. Le résultat, vu d’un praticien français, est un angle mort : l’outil existe, il est référencé au bon endroit par le ministère, et il est presque invisible pour la personne à qui il servirait.
Ce que ça change pour un BE

Deux immeubles, un éclairé, un presque éteint : deux outils du même marché, dont un que son éditeur laisse dans l’ombre. Illustration générée par IA.
Ne partez pas du nom de l’éditeur, partez de la liste officielle du ministère. Trois réflexes en découlent.
- La liste ministérielle nomme l’outil, quand la communication le cache. Le marché des outils carbone se consolide vite : des produits changent de main, disparaissent dans des suites plus larges, ou survivent sous une marque qui ne les met plus en avant.
- Vérifiez ce que devient un produit racheté. Un outil intégré à un groupe dont le métier principal est ailleurs peut être maintenu, ralenti ou fondu dans une offre plus large. La question se pose avant de standardiser un logiciel sur trois ans de production.
- Méfiez-vous des pages en retrait. Quand la page produit d’un outil est difficile à trouver depuis la page d’accueil de son propre éditeur, c’est rarement un accident de navigation : c’est un indicateur de priorité commerciale, donc de trajectoire produit.
Ce qu’on ne sait pas encore
Reste l’essentiel, que la page produit ne dit pas : ce que Deepki fera de Nooco. Je n’ai pas pris l’outil en main, et rien ici ne juge sa qualité de calcul. Sera-t-il maintenu au rythme des évolutions de la méthode RE2020, ralenti, ou fondu dans la suite ESG du groupe ? Personne ne peut le lire depuis l’extérieur. Ce que devient un outil racheté ne se lit pas sur sa page produit : cela se demande, au même titre que le prix, avant de signer. Le marché de la donnée carbone bâtiment se recompose depuis trois ans par acquisitions, et les outils que vous évaluez appartiennent souvent déjà à quelqu’un d’autre que celui qui les a créés. Un rachat n’est pas une mauvaise nouvelle en soi : Nooco a pu y gagner des moyens. Mais sa trajectoire, elle, ne se lit nulle part sur la plaquette, et elle se demande avant de bâtir trois ans de production sur un outil.
Sources
Voyez ce que ça donne sur vos cas.
L’outil qui traite cette tâche est sur le site. Regardez ce qu’il donne sur vos propres documents.
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